Cette pratique s’inspire d’Épictète dans le Manuel, de Socrate dans les dialogues de Platon et de Montaigne dans les Essais, où apprendre suppose d’admettre clairement ce que l’on ignore.
Reprendre confiance en soi : une pratique en 7 étapes
Choisis une situation précise qui arrive aujourd’hui.
Évite de partir de l’idée générale que tu manques de valeur. Prends une scène proche : présenter ton travail pendant cinq minutes, poser une question en cours, répondre à un message professionnel ou rejoindre une discussion. Écris-la en une phrase, avec le lieu et le moment où elle se produira.
Écris la phrase qui te fait te sentir inférieur.
Pendant deux minutes, note la pensée exacte qui tourne dans ta tête. Elle peut ressembler à : les autres comprennent plus vite, je vais dire quelque chose de banal, ils verront que je ne suis pas à ma place. Ne cherche pas encore à la corriger. Tu poses simplement devant toi ce jugement qui, sinon, agit en silence.
Sépare les faits de l’histoire que tu leur ajoutes.
Fais deux colonnes sur une feuille. Dans la première, inscris ce que tu sais réellement, par exemple : un collègue a parlé avec assurance, je n’ai pas encore lu le dossier entier. Dans la seconde, inscris l’interprétation : il est forcément plus compétent, je suis en retard sur tout. Cette distinction reprend une idée stoïcienne : l’événement et le jugement porté sur lui ne sont pas la même chose.
Formule une question simple que tu ne connais pas encore.
Socrate ne faisait pas de l’ignorance un défaut à cacher. Prépare une question précise, utile, dont la réponse t’aidera à avancer. Au travail, cela peut être demander le critère de réussite d’une tâche. En cours, cela peut être demander comment relier deux idées. Dans une conversation, demande à l’autre de préciser ce qu’il veut dire plutôt que de faire semblant de tout saisir.
Fais un essai visible et de taille modeste.
Donne-toi une action qui dure moins de cinq minutes : prendre la parole une fois, envoyer un brouillon, proposer une idée, demander un retour ciblé. Le but est de participer à la situation telle qu’elle est. Épictète invite à accepter de paraître maladroit pendant qu’on apprend. Cette permission vaut pour une première version, une hésitation ou une question imparfaite.
Après la scène, décris ton geste sans te donner de note.
Prends trois minutes juste après, ou le soir si tu n’as pas le temps. Écris ce que tu as fait, ce qui s’est passé et ce que tu ferais autrement une prochaine fois. Reste près des actions observables : j’ai posé ma question, j’ai parlé trop vite, j’ai compris un point après une explication. Montaigne se regardait sans fard, avec attention, sans transformer chaque constat en verdict.
Choisis le prochain petit essai avant de passer à autre chose.
Termine par une action semblable pour demain ou pour la prochaine occasion. Elle peut être encore plus petite si celle d’aujourd’hui t’a beaucoup demandé. Préparer une phrase d’ouverture avant une réunion ou relire une page avant un cours suffit. La confiance devient ici une pratique de contact avec le réel, répétée quand les occasions se présentent.