Cette démarche s’inspire de Viktor Frankl, de l’attention généreuse de Simone Weil et de l’idée stoïcienne, présente chez Marc Aurèle, que chacun participe à une œuvre commune.
Que faire quand tu te sens inutile : 6 gestes quotidiens
Le matin, choisis une personne à qui tu peux rendre la journée un peu plus simple.
Prends deux minutes avant de commencer ta journée et pense à une personne réelle, un collègue ou un voisin par exemple. Cherche un geste à ta mesure : répondre à son message avec soin, ou prendre de ses nouvelles. Pars de ce dont cette personne a besoin aujourd’hui, même si ça te paraît minuscule.
Formule ce geste en une phrase et garde-le visible jusqu’au soir.
Écris par exemple : « Aujourd’hui, je vais aider Clara à y voir plus clair dans son dossier. » Pose cette phrase dans tes notes ou sur un papier. Quand l’impression de compter pour rien revient dans la journée, tu sais où aller.
Accorde cinq minutes d’attention entière à quelqu’un.
Quand cette personne te parle, écarte l’écran et ralentis un peu. Écoute ce qui est dit avant de préparer ta réponse. Simone Weil voyait dans l’attention une manière profonde de se tourner vers autrui : dans une journée ordinaire, ça peut simplement vouloir dire rester là pendant que quelqu’un te raconte sa journée.
Fais le geste choisi avant de juger ta journée.
Le jugement arrive vite, surtout après une journée confuse ou peu productive. Agis d’abord, dans le premier créneau libre, entre deux réunions ou en rentrant chez toi. Un message clair ou un service rendu, c’est un fait que tu peux reconnaître, même si ton humeur reste lourde.
Le soir, note deux moments qui ont compté.
Réserve dix minutes, après le dîner ou juste avant de te coucher. Écris deux faits précis : ce que tu as apporté à quelqu’un et ce que quelqu’un t’a apporté. Cela peut paraître modeste, comme avoir tenu compagnie à un proche ou avoir reçu une réponse qui t’a soulagé. Reste au plus près des scènes vécues.
Remplace la phrase qui te condamne par une phrase exacte.
Relis ce que tu as écrit, puis repère la phrase générale qui tourne dans ta tête, par exemple celle qui réduit toute ta personne à une mauvaise journée. Écris une formulation plus fidèle aux faits : « Aujourd’hui, j’ai eu du mal à trouver ma place, et j’ai tout de même été présent pour cette personne. » Garde cette phrase pour le lendemain si elle te paraît juste.